• Alex

Grossesse et postpartum en expatriation - Comment vivre au mieux sa maternité à l’étranger

Dernière mise à jour : 10 janv.

Si beaucoup des articles de ce site traitent de différents aspects de la grossesse de façon très objective, cet article se veut beaucoup plus personnel.


Ayant eu mes deux enfants dans deux pays différents avec des cultures très éloignées de la mienne, j’avais à cœur d’écrire cet article pour toutes les femmes qui vivent leur maternité à l’étranger.


Je souhaitais partager mes expériences de la grossesse et l'accouchement à l'étranger, et surtout ce que j’en ai retiré afin d'en faire profiter d’autres expatriées. Je ne vais pas parler de yoga prénatal, mais de l'expérience de la grossesse et de postpartum en expatriation au sens plus large.


Voici donc un récit de mes propres expériences et quelques conseils pour vivre au mieux sa grossesse et ses débuts dans cette nouvelle vie de mère quand on vit loin de ses proches.


grossesse accouchement et postpartum en expatriation

Mes expériences de la grossesse et du postpartum à l'étranger


Mon premier fils est né à Singapour, puis mon deuxième en Suisse alémanique, proche de la frontière autrichienne. Expatriée depuis 2009, j'étais habituée à l'expatriation. L'expérience de la maternité à l'étranger en revanche, a été assez nouvelle...


Durant ma première grossesse, je travaillais (beaucoup). J’étais souvent submergée par les hormones de grossesse, j’avais énormément de questions. Et pas beaucoup de réponses. Les consultations de suivi de grossesse duraient cinq minutes montre en main après une attente d’environ deux heures dans une gigantesque salle d’attente d'une maternité publique . Je n’ai jamais eu une fois à enlever mes habits (ce qui peut paraitre surprenant pour toute femme ayant déjà eu une consultation gynécologique !). Quand je posais une question, le gynécologue répondait en riant, et souvent sans répondre. Tout cela peut sembler exagéré, mais c'est bien comme cela que ma grossesse a été suivie.


Durant ma deuxième grossesse, nous étions cette fois dans une petite ville suisse, entourée de personnes adorables mais parlant un dialecte qui m’était complètement inconnu: le suisse allemand du canton de Saint Gall (c’est assez niche). J’étais toujours loin de chez moi, mais j’étais bien mieux préparée, moins impactée par les changements hormonaux. Le corps médical était plus attentionné et à l’écoute, même si certaines pratiques autant pendant le suivi de la grossesse que l'accouchement m'ont paru très différentes de ce que j’avais entendu dans mon pays d’origine. Oui, la grossesse loin de chez soi et de ses amies proches, ça peut être difficile parfois. On accouche souvent en utilisant une langue qui n’est pas la nôtre, avec des pratiques médicales auxquelles on ne s'attend pas toujours.

A Singapour par exemple, les bébés sont par défaut testés contre la jaunisse le jour suivant l’accouchement. Il faut donc être ferme (et plusieurs fois de suite) si on ne souhaite pas que son bébé se fasse tester dès la naissance à la maternité. En Suisse, on ne m’a pas donné de paracétamol contre les douleurs des tranchées, mais une tisane d’herbes spéciales, et de l'homéopathie. Les exemples sont nombreux et je pourrai écrire un livre sur les différences culturelles liées à la grossesse jusqu'au postpartum !


cours de yoga prénatal

Quand on revient à la maison, on peut se retrouver très vite seule ; que l'on soit en expatriation ou non d'ailleurs. Mon mari avait pris une semaine de congé pour notre premier enfant, puis il a dû retourner travailler.

Et là, on se retrouve à devoir gérer les pleurs du bébé, les bains, toutes ces petites choses qui peuvent faire un peu peur la première fois. Si on allaite, l’allaitement peut mettre un peu de temps à se mettre en place. Quand c’est la première fois et que personne ne nous en a parlé (c’était mon cas), on peut penser (à tort) que tout se fera naturellement, instinctivement pour soi et son bébé. Pourquoi est-ce que personne ne nous en parle ?


Quand on est loin de chez soi, en expatriation, ce n’est pas toujours facile de trouver son chemin surtout durant cette période si unique qu'est la maternité.

Avec le recul, voici mes 6 conseils pour vivre au mieux sa grossesse, son accouchement et son postpartum quand on habite à étranger:


1. Trouver un médecin ou une sage femme en qui vous avez confiance, qui parle une langue que vous comprenez.

Un professionnel de santé à qui vous pouvez exprimez vos inquiétudes et poser toutes vos questions. Renseignez-vous auprès d’autres mamans étrangères pour avoir des recommandations par exemple !

2. Essayez de comprendre le système local. Dans mon ancien canton suisse par exemple, j’ai découvert qu’on pouvait avoir 10 visites de sage femme à domicile remboursées intégralement après l’accouchement ! A Singapour, une maternité s’anticipe, si on veut prendre une assurance santé pour financer les coûts de suivi de grossesse et d' accouchement, il faut le faire un an en avance...(oui oui). Toutes ces choses dont je me suis souvent rendue compte trop tard la première fois, ce peut être utile de se renseigner en avance. Renseignez vous sur le système, l’organisation, les visites médicales, mais également les pratiques locales ! Comment se passent les quelques jours à la maternité ? Est-ce que les césariennes programmées sont plébiscitées ou non ? Les chambres sont-elles partagées, comment avoir une chambre pour soi si c’est son souhait ? Encore une fois, essayez de trouver des communautés d’expat, des groupes facebook ou whatsapp de mamans internationales, des cercles Meetup pour expatriées…

3. Ecrire son plan de naissance. C’est souvent recommandé même sans être expatriée, mais quand on vit à l’étranger, cela peut permettre d’éviter certaines pratiques dérangeantes, ou d’insister sur des choses qui ne se font peut-être pas dans votre pays d’accueil mais qui sont importantes pour vous. Par exemple, vous pourriez inclure des choses comme: “Je souhaite que l’on demande à moi même ou mon mari avant de faire telle ou telle chose” “Je souhaite garder mon bébé auprès de moi après l’accouchement dans la mesure du possible” “Je souhaite que le cordon ombilical soit coupé le plus tard possible” Comme avec tous les plans de naissance, il faut garder une certaine distance par rapport à eux. Garder en tête qu’il faudra aussi aller avec le flot des évènements, que tous les souhaits ne pourront peut-être pas être satisfaits, surtout s’il y a des complications ou des exigences médicales diverses. Je parle souvent dans mes cours de yoga prénatal de fin de grossesse du besoin de lâcher prise et d’aller avec le flot des événements le jour de l’accouchement.

Donc si cela n’empêche pas de mettre par écrit vos souhaits pour que l’équipe soignante locale en prenne conscience et fasse son possible pour y répondre, il faudra aussi s’en détacher.
plan de naissance

4. Quand bébé est là, essayez de sortir tous les jours si c’est possible. Cela vaut qu’on habite à l’étranger ou non d’ailleurs. On a vite fait de passer des jours chez soi, c’était mon cas ! Car il fait trop chaud ou trop froid pour bébé dehors, car les journées peuvent défiler très vite quand on a un nouveau-né à la maison. Ou encore parce qu’on préfère rester chez soi pour allaiter ou car l’idée de nous préparer tous les deux nous démotive…


Et pourtant, cela fait beaucoup de bien d'aller prendre l’air. J’allais au parc en fin de journée, quand il faisait moins chaud pour prendre l’air et voir autre chose que les 4 murs blancs de notre petit appartement… Cela faisait du bien même à mon bébé d'ailleurs ; je remarquais qu'il était beaucoup plus calme, plus observateur durant ces promenades.

5. Ne pas hésiter à demander de l’aide ! Vous pouvez prendre contact avec d'autres femmes sur place, même si vous avez l'impression de ne pas encore les connaitre beaucoup ou que vous avez peur de déranger. Vous pouvez aussi envoyer un email, un message Whatsapp proactivement à vos amies dans votre pays d’origine. Les copines, quand elles ne sont pas encore maman notamment, ne pensent pas toujours à prendre des nouvelles régulièrement pendant la phase de postpartum. Surtout quand on est loin, qu’il y a du décalage horaire, qu’elles sont elles aussi prises par leur vie à elles…


Donc n’en voulez à personne et n’attendez pas qu’on prenne de vos nouvelles, prenez les devant ! Un petit skype pendant la sieste de bébé, ca fait toujours du bien au moral.

Et si vous avez des baisses de moral pendant votre grossesse ou votre pospartum, n’attendez pas non plus qu’on vous demande comment vous allez pour en parler. Souvent, on nous demande comment va bébé, on parle de beaucoup de choses… Si vous avez besoin de parler, faites le; les amies sont là pour ça, c’est d’autant plus vraies pendant le postpartum.



postpartum en expatriation

Il peut aussi y avoir des organismes ou associations locales autour de la naissance et du postpartum. J’ai par exemple découvert dans le village suisse où j’ai habité qu’une association mettait en contact des femmes à la retraite bénévoles avec des jeunes mamans pour que ces dernières puissent prendre des moments de pause et de repos, pendant que les bénévoles s'occupaient des nouveaux-nés.

6. Et enfin, NE PAS SE COMPARER. Durant mon premier postpartum, je voyais des femmes avec leur bébé en train de prendre un café, souriante, maquillée, le bébé dormant sagement dans la poussette… Alors que pour moi, j’en étais encore à passer le cap de l’allaitement en public. J’avais toujours peur que mon bébé pleure dans le métro… Je ne comprenais pas comment les autres mamans faisaient, elles avaient l’air de tout avoir sous contrôle, tout avait l’air facile pour elles (si vous l’ignorez, je vous le donne en mille: ce n’est qu’une impression. Ce n’est pas vrai ;)).

Ne pensez pas que vous y arrivez moins bien que les autres. Ne pensez pas que les autres mamans sont plus zen que vous. Que les autres bébés sont plus faciles que le votre. Que si votre bébé pleure dans le bus, c’est la fin du monde. Tout cela n’est que dans la tête !

Je vous partage d'ailleurs cette citation que j’aime beaucoup et que j’ai partagée récemment sur mon compte instagram de yoga prénatal. Elle est très vraie aussi dans la phase de postpartum :).



citation pour la grossesse et le postpartum


 

Et vous, comment s’est déroulée votre grossesse à l’étranger ?

Qu’est ce qui vous a étonné, qu’est ce que cela vous a apporté ?

N’hésitez pas à m’en parler ici. Si vous souhaitez témoigner de VOTRE expérience, je serai ravie de vous interviewer également.

Yogaprenatal.net est une plateforme sans tabou et sans filtre, ce sont des cours de yoga et des programmes d’accompagnement, mais c’est aussi un espace d’échange et de partage. Vous n'êtes pas seule 😘


24 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout